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Candomblé : une part d' Afrique en territoire brésilien.

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L'origine des religions afro-brésiliennes remonte au trafic des esclaves. En trois siècles de traite négrière, les diverses ethnies ont continué de perpétuer leurs rites, qui se sont peu à peu implantés sur le sol brésilien et sont connus aujourd'hui sous le nom générique de candomblé. Pan important de la culture de la capoeira, ces cultes sont aujourd' hui la trace la plus criante des traditions africaines au Brésil.

Un documentaire exceptionnel Na Rota dos Orixas -désormais en ligne- montre comment certains Candomblés ont réussi à préserver les traditions africaines.


Ce n'est pourtant pas une réalité homogène puisque les cultes peuvent être différenciés en fonction de leur origine mais aussi selon l'influence plus ou moins forte du catholicisme, des religions indigènes ou du spiritisme (doctrine qui prend racine dans la Bible mais qui intègre, entres autres, le principe de réincarnation).
Toutes les religions afro-brésiliennes ont toutefois en commun une divinité suprême et d'autres divinités, les orixás, dont le nombre peut varier. A chaques orixás sont associés un jour de la semaine, une couleur, des plantes, des aliments et boissons, des outils, etc. De plus, dans certains cas la séparation des esclaves d' ethnies différentes dans les grandes exploitations agricoles a permis de conserver une grande "pureté" au rite. Pour éviter que les esclaves d'ethnies différentes ne se regroupent face à l'oppression, aux maltraitances des colons portugais, les propriétaires ont pris l'habitude de séparer les esclaves et de les regrouper par peuples.


Le candomblé se caractérise par une relation privilégiée entre le fidèle et les divinités : chacun a un orixá qui le protège et qui peut le posséder pendant la transe, lorsque l'adepte a été initié. Il devient alors son "cheval" et lui est indéfectiblement lié. Le processus d'initiation terminé, la fille-de-saint fait réellement partie du centre de culte, le terreiro. On peut toutefois recourir à cette religion sans être initié, pour résoudre des problèmes ponctuels par l'intermédiaire du père-de-saint ou de la mère-de-saint. Ceux-ci sont les seuls à pouvoir initier de nouveaux adeptes. Ils n'ont pas de supérieurs hiérarchiques au sein de leur terreiro.


Ci-joint, un petit glossaire destiné à saisir les principaux termes utilisés dans le Candomblé :


Alaketu : Titre du roi de Ketu, ancien royaume fondé par les yorubas, coupé en deux par l'actuelle frontière Nigeria-Bénin.
Babalaô : Prêtre d'Ifá. Cette haute charge suppose la connaissance des techniques de divination par les cauris (coquillages).
Babalorixá : Voir Père-de-Saint
Candomblé : Culte afro-brésilien qui regroupe les nations et rituels soudanais (jeje, nagô, ketu, etc.), bantous (angola, congo, etc.) et d'influence indigène. A noter que les rituels yorubas (nagô) ont eu tendance à prédominer sur les autres. Par extension, le mot s'applique à tout culte d'influence africaine.
Dahomey : Ancien nom de l'actuel Bénin, pays d'où provenaient une part importante des esclaves arrivés au Brésil.
Exu : Orixá médiateur, messager et interprète. C'est l'élément dynamique de tout ce qui existe et le principe de communication et d'expansion. On l'assimile en général au diable chrétien. Il se divise en de multiples figures mythico-rituelles.
Fils-de-saint/Fille-de-saint : Nom donné à l'initié(e) dans le candomblé. Il marque la filiation d'un initiateur et d'une maison de culte.
Ialorixá : Voir Mère-de-saint
Iansã (Oya en Afrique et dans certains candomblés) : Reine guerrière, maîtresse des vents et des tempêtes, au tempérament dominateur et passionné, elle est l'une des épouses de Xangô.
Iemanjá : Orixá de la mer, considérée au Brésil comme mère de tous les orixás. Elle représente la procréation, la gestation.
Ifá : Orixá de la divination et du destin, il est le messager de la lumière. Son prêtre est le babalaô.
Mère-de-saint : Nom fréquemment utilisé pour désigner une femme chef de terreiro afro-brésilien. Elle est responsable de la vie spirituelle et temporelle du terreiro, dirige l'éducation religieuse des fils et filles-de-saint et le travail des auxiliaires, les cérémonies rituelles, etc. Mãe Senhora et Mãe Stella sont deux des mères-de-saint les plus connues au Brésil.
Obaluaê (forme jeune d' Omolu) : Orixá de la variole et, par extension, de toutes les maladies.
Ogã : titre honorifique donné à des hommes qui jouissent d'une bonne situation financière et/ou de prestige social ou politique, capables d'aider et de protéger le terreiro. Ils sont choisis puis initiés, forment le conseil consultatif du terreiro et sont respectés par tous. Mestre Bimba était Ogã comme beaucoup de Mestres de sa génération.
Olorun : Dieu suprême des Yorubas, créateur du monde, mais qui n'a ni prêtres, ni autels. Il est en partie oublié au Brésil.
Opó Afonjá : L'un des terreiros de Bahia les plus connus, tenu pour l'un des plus traditionnels.
Orixá : Divinité vénérée dans le candomblé, intermédiaire entre le dieu suprême, Olorun, et les hommes. De près de 600 orixás yorubas en Afrique, on passe au Brésil à 16 en ce qui concerne le candomblé.
Oxóssi : Orixá de la chasse, fils de Iemanjá. Il est lié à la lune.
Oxum : Orixá des eaux douces, de la richesse, de la beauté. C'est l'épouse la plus jeune et la préférée de Xangô.
Père-de-saint : Chef masculin d'un terreiro afro-brésilien. Il remplit les mêmes fonctions que la mère-de-saint. On le désigne également sous le nom de babalorixá.
Terreiro : Ensemble de terrains et maisons dans lesquels se déroulent les cérémonies religieuses des cultes afro-brésiliens et leurs préparatifs. Ce terme indique également la communauté des initiés liés à la maison. Synonyme : ilé (maison, en yoruba).
Xangô : puissant orixá des éclairs et du tonnerre, orgueilleux et dominateur, fils de Iemanjá, fondateur mythique de la ville d'Oyó, il aurait régné sur le Dahomey. Epoux de Iansã et d' Oxum.
Yoruba : peuple soudanais d'Afrique occidentale (Nigeria, Bénin, Togo). De nombreux Yorubas ont été déportés comme esclaves au Brésil, en particulier à Bahia, et leur culture a notablement influencé la constitution des religions afro-brésiliennes. On les appelle aussi nagô au Brésil. Le mot yoruba s'applique également à la langue parlée par ce peuple.

Le Candomblé a subi en son temps les mêmes persécutions que la capoeira ou d'autres manifestations de la culture afro-brésilienne mais malgré les interdictions, les métissages divers, la plupart des chants et des pratiques rituelles ont été préservées.



Atlântico Negro. Na rota dos orixas. Renato Barbieri. 1998

Ce documentaire réalisé en 1998 effectue un voyage au coeur de la religiosité afro-brésilienne et de ses racines.

Le réalisateur Renato Barbieri et l'historien Victor Leonardi avaient à la base prévus quatre documentaires intitulés Atlântico Negro et Na Rota dos Orixas en est le premier volet.

Filmé en format vidéo, il a été l'objet de nombreux prix et a souvent été projeté lors du 20 novembre jour de la conscience noire.

Le réalisateur nous fait découvrir les fondements de la culture gêgê et nâgo dans les terreiros de Salvador d'une part mais aussi au Maranhão où la même culture donna naissance au Tambor de Minas.

L' originalité du concept réside dans les interractions que le documentaire propose entre babalorixas brésiliens et africains. Ou quand deux continents s'interpellent par vidéos interposées...moments forts.

Outre sa force émotionnelle le documentaire brille aussi par sa précision historique : prédominances de certaines ethnies dans certains ports du Brésil (pendant l'esclavage et la déportation), découverte des "agoudas" ou "agudas" ces descendants d'esclaves qui on fuit le Brésil et peuplent aujourd'hui des grandes villes du Bénin, formant des communautés à la culture très brésilienne...en Afrique.

Ne vous laissez pas rebuter par l' absence de sous-titres car la plupart des entrevues en Afrique sont en français et il serait dommage que vous ratiez ce documentaire exceptionnel.

Part 1

Part 2

Part 3

Part 4

Part 5

Part 6

guilhem. redaction capoeira-france

 

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