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Interview de Contra Mestre Zangado, Grupo Cordao de Ouro

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Contra Mestre Zangado
capoeira-france : Pour cette interview, c'est le Contra Mestre Zangado qui a bien voulu répondre à nos questions. Nous avons voulu en savoir un peu plus sur le travail de ce capoeiriste de renommée qui travaille actuellement sur Avignon, son groupe et ses aspirations.

Bonjour Zangado, e voulais savoir si tu pouvais nous parler un peu de l'association capoeira malicia, décrire comment vous avez démarrez vu qu'il s'agit d'une association assez récente : ce qui t'as poussé à monter l'association, comment vous vous êtes organisés, quels sont vos buts?
Zangado : Pour moi, chaque groupe, chaque maître a un peu sa façon de travailler la capoeira , la création de l'association c'était comme ça aussi, je peux mettre en pratique ma façon de travailler la capoeira, de développer la capoeira et le but c'est l'enseignement de la capoeira , bientôt faire un échange avec le brésil , un échange Brésil-France. Chaque année je pense organiser des groupes pour aller là bas et aussi ramener des capoeiristes parce qu'au brésil il y a des capoeiristes de grand talent mais parfois il n'y a pas d'opportunité, ils vivent beaucoup dans la favela, ils commencent la capoeira dans la marginalité, parce qu'ils n'ont pas de travail, ils n'ont pas la possibilité de vivre de la capoeira , c'est bien si on ramène des personnes comme ça, pour venir là, passer un peu, et faire un échange là bas , de leur donner une opportunité.


capoeira-france : Trouves tu qu'en France les gens s'accrochent à la capoeira, c'est à dire sens tu une réelle motivation chez les débutants qui les poussera à pratiquer longtemps la capoeira ou bien s'agit-il souvent d'un phénomène de mode ?
Zangado : D'abord c'est un sport qui plait aux français parce que beaucoup d'élèves qui arrivent chez nous pour s'entraîner, ils arrivent ils disents qu'ils ont trouvé tout ce qu'ils cherchaient, ça veut dire la danse, le combat, la musique, le rythme, tout ça, le sport, ils le trouvent dans la capoeira alors qu'ils ne le trouvent pas dans un autre sport ou dans les autres arts martiaux.

Au niveau de la motivation, je pense que cela dépend d'abord de celle du professeur parce qu'il faut que le professeur travaille toujours pour chercher le petit quelque chose pour le tirer en avant et rester avec eux.
D'abord dans nos cours il faut toujours mettre à l'aise les élèves avant même qu'ils apprennent les mouvements : je veux qu'ils sortent du cours satisfaits, qu'ils soient à l'aise, qu'ils se sentent bien. C'est vrai beaucoup viennent pour faire de la capoeira comme une mode, parce que sa copine fait, parce que son copain fait.


capoeira-france : Parce qu'il commence à y avoir de la publicité ?
Zangado : Eh oui voilà, mais c'est normal, il y a toujours des jeunes qui viennent pour la mode, des gens pour le plaisir et des gens motivés qui sont à fond dans la capoeira. Mais il faut savoir travailler avec chacun.


capoeira-france : Est ce que tu as beaucoup d'élèves qui arrivent en disant "pour moi la capoeira, c'est des acrobaties", et qui veulent tout de suite faire des acrobaties
Zangado : Oui, il y a beaucoup d'élèves qui arrivent et qui me disent "Zangado tu vas m'apprendre les acrobaties, à faire le salto arrière", je leur dis : "non non je vais t'apprendre la capoeira, les acrobaties c'est un truc que tu peux apprendre tout seul, un complément".
Je ne suis pas contre pour faire des acrobaties dans le jeu, la roda mais il faut prendre conscience, il faut apprendre que là c'est juste une acrobatie. Je vais t'apprendre à donner un coup très rapide, très puissant, un bon balayage, une bonne rasteira, une bonne esquive, une contre-attaque car c'est là que se trouve la capoeira.
Et en plus il faut leur apprendre le maniement des instruments, un peu d'histoire... C'est ça un cours de capoeira


capoeira-france : Et pour l'avenir tu as des projets particuliers au niveau de l'association ? quand as-tu prévu de faire venir des capoeira du Brésil avec l'association, y'a-t-il déjà une date fixée ?
Zangado : Non parce que ça commence à bouger doucement , petit à petit, mais c'est pour bientôt. D'abord je voudrais organiser une rencontre , des événements, par exemple le batizado va me faire connaître sur Avignon.

Et en plus du baptême, je voudrais faire en novembre une rencontre de Zumbi parce que Zumbi, beaucoup ne connaissent pas parce que c'était le leader noir brésilien qui font partie de l'histoire afro brésilienne , histoire du brésil en fait, avec des événements comme ça , le travail va grandir, va s'élargir , et on va commencer à être connu, à avoir un peu de notoriété , pour avoir des projets, bientôt je pense dans un an.


capoeira-france : J'ai entendu parler avec un élève la dernière fois à Montpellier que tu voulais enregistrer, il voulait me montrer un rythme , mais il m'a dit il faut que tu demandes l'autorisation à Cordao de Ouro, il me disait que c'était Miudinho, peux-tu m'en dire un peu plus ?
Zangado : Miudinho en fait, les gens pensent que c'est un style, mais c'est pas le cas, ce n'est pas un style, c'est un jeu de capoeira. Il y a le jeu d'angola, le jeu regional, il y a le jeu benguela, le jeu miudinho, c'est nouveau , ça a été créé par Maître Suassuna à Sao Paulo.

En fait c'est un jeu rapide, qui est toujours en bas, en haut , il n'y a pas de contact, c'est un jeu pour s'amuser, un jeu dansant, c'est un rythme bien dansant, on travaille bien le swing, la souplesse, c'est un jeu très proche, très petit, ca veut dire très petit qui va du grand mouvement et tu vas devenir petit : fechado, et la roda est très petite ; si tu regardes des fois, tu vas dire c'est pas possible de jouer dans un cercle comme ça.

Maître Suassuna a expliqué qu'il a crée le miudinho , parce qu'il commençait à voir les capoeiristes qui jouaient trop loin ; parce que tout le monde sait que la capoeira est un dialogue , tu rentres dans la roda, la personne donne un coup, il faut donner la réponse et là il se passe un dialogue , un coup, un autre coup, un mouvement, un contre mouvement, le tout il faut jouer ensemble et parfois il y a des capoeiristes à cause du côté spectacle qui jouent presque tout seuls, ils font des acrobaties, il n'y a pas de dialogue dans le jeu et quand Mestre Suassuna a commencé à voir ça il a dit "non, non,non , joue petit, miudinho" ; jouer miudinho, c'est jouer dans une roda très petite et donc on joue bien proche de son adversaire. Mestre Suassuna, c'est le fondateur du groupe cordao de ouro.


capoeira-france : Et toi le miudinho tu l'enseignes dans ton académie ? quelle part a-t-il dans ta capoeira ? Vous faîtes de temps en temps une leçon de miudinho ?
Zangado : Non, non , on commence sur un rythme bien rapide bien physique, normalement je commence mon échauffement avec miudinho, la ginga , parce qu'avec la ginga ça change aussi, c'est pas comme la ginga regional ou d'angola, normalement je commence l'échauffement avec miudinho parce que juste la ginga c'est déjà un échauffement. Et aussi beaucoup de mouvement de queida de rins, des équilibre, la souplesse ; on commence à s'échauffer avec miudinho parce qu'on rentre dans l'ambiance du rythme.


capoeira-france : Une petite question qui a été posée le Forum par des visiteurs de capoeira-france.com : certaines personnes se demandent à quoi correspond le signe que font beaucoup de capoeiristes avant d'entrer dans la roda...
Zangado : Le brésil est un pays catholique. Avant la capoeira , c'était une pratique spontanée, libre, une pratique de la rue. Beaucoup de capoeiristes vivaient dans la rue et la marginalité, avec beaucoup de bagarres. Et beaucoup d'entre eux avaient pour religion en plus du candomblé la religion catholique, et donc chaque jeu était un défi, c'était un jeu dangereux, il y avait un peu de mysticisme dans chaque capoeiriste. Donc beaucoup de capoeiristes avaient la religion catholique et ils faisaient ce signe là pour demander protection en rentrant dans la roda, ne pas se blesser.
Il faut le savoir, parce qu'il y a des jeunes pas catholiques qui font n'importe quoi, il faut savoir le pourquoi.


capoeira-france : Est ce que ca change qq chose pour toi qq'un qui rentre dans la roda sans faire le signe ?
Zangado : Non,c'est personnel, c'est pas obligé que tu le fasses,c'est selon ce à que tu crois. tu peux faire ce que tu veux.


 
Merci au contra mestre Zangado du grupo Cordao de Ouro pour nous avoir accordé cet interview. Nous lui souhaitons une bonne continuation pour son travail sur Avignon.
 

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