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Hommage à Mestre Liminha par le formando Juruna

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- Mestre Liminha -
© photo Artes das Gerais
Mestre Liminha faisait partie d'une génération de capoeiras que l'on est en train de perdre. Il était très connu pour sa voix, la culture dont il était impregné. C'était un capoeiriste de rue. Son parcours dans la capoeira est passé par les rodas de rue et c'est aussi quelque chose que l'on ne voit plus beaucoup, surtout au Bréil où les rondes de rue sont plus des démonstrations que des rodas où les capoeiristes se retrouvent pour jouer. C'était aussi une période où ça jouait dur : dans la rue, tu étais confronté à tout, c'est un peu la loi de la jungle. Il fallait être bon capoeiriste mais aussi être malin.
On dit que c'est dans la période d'interdiction de la capoeira que les fondements ont été créés. Les capoeiristes théatralisaient alors dans la ronde les situations qu'ils allaient retrouver dans la vie de tous les jours. Cela leur permettait de savoir gérer en dehors de la ronde ces situations et les sentiments qui les accompagnaient : la vanité, la méchanceté... et parfois il ne fallait pas simplement être le plus fort mais le plus malin, parce que dans la ronde tu pouvais donner un coup à une personne mais le lendemain cette personne t'attendait au coin d'une rue avec un couteau. Et il fallait donc développer une certaine malice pour pouvoir anticiper.
Bien sûr, Mestre Liminha n'a pas vécu cette époque qui lui a été antérieure, mais il a connu le deuxième âge d'or de la capoeira où il y a eu beaucoup de rondes de rue, où les maîtres fréquentaient plus les rondes de rue. Maintenant, les maîtres sont plus dans leur académie et bien qu'il reste quelques rondes de rue traditionnelles comme à Sao Paulo, c'est quelque chose qui a tendance à se perdre. Mestre Lua de Salvador organise lui aussi une roda tous les vendredi soir au Pelourinho.
L'âge d'or de la capoeira, c'est l'époque où l'on parlait de la roda d'untel, de la roda de Waldemar, la roda de tel endroit... c'étaient les rondes connues où les gens apprenaient aussi à jouer la capoeira.

Je chante pour l'orixa du Mestre Liminha. C'était un guerrier, ou je dirais plutôt "Ogum Yê". "Ogum Yê", c'est un salut pour son protecteur. Dans le culte du candomblê, Ogum, c'est un guerrier, c'est aussi celui qui ouvre le chemin. Comme nous, Liminha est un guerrier qui est venu ici en confrontant toute la diversité qu'il y a entre sa culture et celle d'ici.
Juruna
 

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