Accueil » Articles

Capoeira, instrument de luttes sociales en mouvement.

Choisissez une page : 


Essa arte secular Surgiu com a vontade
De querer se libertar
E hoje é no mundo inteiro
Que se aprende a jogar
Onde o rico vira pobre
Sabe tocar e cantar
E o pobre têm suas riquezas
Sabe se valorizar

- - - - - - - - - - - - - - - - -
Cet art séculaire est apparu avec la volonté
de libérer
Aujourd’hui, c’est dans le monde entier
Qu’on apprend à la jouer
Là où le riche devient pauvre
Sait jouer et chanter
Et le pauvre doté de richesses
Sait se valoriser

Extrait du chant « Arte Secular »


Rio, 40 degrés. Cité merveilleuse, purgatoire de la beauté et du chaos, aux yeux de Fausto Fawcett. Mouvement perpétuel de classes, de couleurs, de bruits, de genres, de sentiments. Une métropole de près de 10 millions d’habitants qui séduit et répulse. Rejette. Une ville dont les habitants vivent et meurent des clichés qui lui sont généralement attribués : capitale du tourisme, du samba, du carnaval, mais aussi de la violence, de la drogue, de la corruption policière, des inégalités.
On se s’improvise pas carioca, on le naît serait-on tenté d’affirmer. Pour comprendre les rouages de ce système social, il faut oublier cette vision manichéenne qui tend à parquer les riches au bord de la mer dans des immeubles luxueux, et les pauvres dans les favelas. Les frontières sociales y sont mouvantes, elles se réinventent au gré des rencontres. Telles la Capoeira.


Accès à la citoyenneté, politiques sociales et Capoeira.
A Rio, la carence en politique publique est visible à l’œil nu. L’accès aux services publics dits universels (éducation, culture, infrastructures, santé) est réparti de façon inégale. Un espace urbain fragmenté, uma cidade partida. S’instaure une véritable ségrégation socio-spatiale, socle sur lequel vient se tisser une violence urbaine. A considérer la localisation de la majorité des favelas dans les morros, émergent des zones de non-droit : les rues des favelas, bien qu’appartenant à l’espace public, deviennent, par le contrôle exercé par les narcotrafiquants, un espace privé. L’activité que draine le trafic de drogue ne cesse d’augmenter depuis les vingt dernières années, il en va de même pour le nombre de personnes travaillant dans ce domaine, et parmi elles, les plus jeunes. On mentionne "une vraie extermination de la population pauvre entre 15 et 17 ans, d’indices de mortalité effrayants, par armes à feu, et, dans le cas de Rio de Janeiro, d’enfants enrôlés dans la violence armée et organisée, avec des indices supérieurs à ce que l’on enregistre dans des pays en situation de guerre. »1. L’entrée des représentants du pouvoir public, la police, dans ces zones de non-droit est généralement source de violence.

L’étendue de cette ségrégation socio-spatiale est à apprécier avec d’autres critères : en effet, si elle aboutit à une fragmentation de l’espace urbain, il faut garder en mémoire que les frontières sont mouvantes et peu étanches. Les rencontres entre les différents acteurs ont lieu au sein du monde du travail ; associations et Ongs œuvrent également pour un décloisonnement des frontières au sein de la ville, en proposant des politiques publiques.

Elles se mobilisent. Leur principale action est bien souvent de suppléer la défaillance des pouvoirs publics, en proposant des solutions à une situation d’urgence : aliments, crèches, écoles. Dans le cadre d’une recherche universitaire portant sur l’accès à la citoyenneté à Rio de Janeiro, nous avions pour objectif d’esquisser un portrait de la mobilisation populaire : comment les citoyens cariocas oeuvrent-ils dans une action quotidienne à la réduction des inégalités ? Une question qui nous a bien vite amenés à rencontrer des capoeiristes. Parce que la Capoeira est issue d’une lutte sociale, parce qu’elle porte en elle-même des problématiques citoyennes, cet art afro-brésilien propose des solutions dans différents secteurs comme ceux de la culture, de l’éducation, de la question des droits à cette situation d’urgence. Regards croisés de deux mestres sur la Capoeira comme instrument de transformation sociale.


Mestre Camisa
Mestre Camisa est le fondateur du groupe ABADÁ-CAPOEIRA, aujourd’hui représenté au sein de 36 pays à travers le monde. ABADÁ-CAPOEIRA envisage la capoeira comme un art interdisciplinaire, à la fois sportif, culturel, artistique et martial. ABADÁ-CAPOEIRA a pour objectif de contribuer à la formation de valeurs humaines et ethniques basées sur le respect, la socialisation, la liberté à travers un travail de valorisation de la culture brésilienne.

Lire l'interview :
Interview du mestre Camisa


Mestre Marrom
L’association de Capoeira Angola mestre Marrom e Alunos a été créée dans les années 90 dans le but de préserver et diffuser les fondements de la culture afro-brésilienne, notamment à travers la Capoeira Angola. Au contact des anciens mestres, d’études permanentes autour des manifestations folkloriques, d’échanges avec l’étranger, l’Association est actuellement l’un des groupes de Capoeira les plus actifs à Rio, particulièrement dans le secteur de l’Education Elémentaire.

Lire l'interview :
Interview du mestre Marrom


En savoir plus
Site : Groupe Abada, de mestre Camisa
http://www.abadacapoeira.com.br/

Site : Marrom Capoeira e alunos
http://www.brincadeiradeangola.com.br/

Article : A ginga da favela (Brésil) : portrait de Guaracy Guedes, né dans la favela Roquete Pinto (Zone Nord de Rio)
http://www.vivafavela.com.br/publique/cgi/public/cgilua.exe/sys/reader/htm/preindexview.htm?editionsectionid=8&user=reader

Article : Berimbau açucarado (Brésil) : le parcours de mestre Derly, issu de la favela Cidade de Deus (Zone Ouest de Rio)
http://www.vivafavela.com.br/publique/cgi/public/cgilua.exe/web/templates/htm/principal/view_rev_0008.htm?infoid=40567

Article : Rasteira bem-vinda (Brésil) : l’action du groupe projeto Capoeira Angola Ypiranga de Pastinha avec les jeunes de la favela de Maré (Rio)
) Photos : le groupe de Capoeira de l’ONG Ação da Cidadania, qui travaille avec les favelas du quartier de Santa Teresa (Zone Sud de Rio)
http://www.acaodacidadania.com.br/public/espaco/index.htm

E2B
 

Choisissez une page : 
Votre avis sur cet article :

Donnez votre avis sur cet article
Voir les commentaires déjà postés (0 commentaire)

 
  Copyright © 2001, 2017 
  Tous droits réservés - Reproduction  interdite sans autorisation écrite. 
  
un site internet Emagma