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Mestre Nenel et l' héritage de Mestre Bimba.

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Manoel Nascimento Machado, connu dans le monde de la capoeira sous le nom de Mestre Nenel, est le fils du légendaire Mestre Bimba (Manuel dos Reis Machado ). Avec l'aide de ses frères, de la FUMEB, de certains maîtres et écoles il essaie de sauvegarder la capoeira Regional et affirme que si personne ne partageait cet objectif, le destin de l'œuvre créée par son père serait la disparition.

 

P. Capoeira: Racontez-nous votre entrée et votre trajectoire dans le monde de la capoeira.

J'ai commencé à fréquenter la capoeira dès que j'ai appris à marcher. En 1966, je suis entré comme disciple et en 1967, à 6 ans, j'étais formé et j'ai commencé à participer aux démonstrations qui avaient lieu au siège de Nordeste de Amaralina et dans d'autres endroits de Bahia, et même dans d'autres États. A cette époque, j'aidais déjà mon père dans les tâches domestiques et la fabrication des instruments ou encore d'autres choses. En 1973, on est partis vivre à Goiânia et la même année, moi et Dermeval ( Formiga ), mon frère mais aussi mon partenaire dans ma formation de capoeiriste, on a dû s'occuper de l'académie parce que notre père était tombé malade, puis est décédé le 5 février 1974. Comme j'avais une sœur qui habitait à Brasilia et que mon père lui avait demandé que, s'il venait à mourir, mon beau-frère s'occupe de moi, je suis parti vivre avec eux et j'ai ouvert ma première école de capoeira, l'Association de Capoeira Mestre Bimba Filho. Je suis retourné à Salvador en 1977 et à cette époque, je ne me produisais que ponctuellement dans des fêtes, des rodas de rue, des championnats, etc. En 1984, j'ai été invité par Mestre Moisé (Sucuiuba), lui aussi disciple de Bimba, à dispenser des cours avec lui dans son Académie, c'est là que j'ai réellement repris la capoeiragem avec plus de détermination et de responsabilité en fondant ma propre école le 10 juin 1986 (Associação Capoeira Filhos de Bimba) que j'ai par la suite officialisée sous le nom de Filhos de Bimba Escola de Capoeira. Aujourd'hui je représente la Fundação Mestre Bimba, la Filhos de Bimba Escola de Capoeira et le Projeto Capoerê.

 

P. Capoeira: Parlez-nous un peu de votre travail à l'heure actuelle.

Au travers de notre école « Filhos de Bimba Escola de Capoeira », nous continuons le travail de notre protecteur BIMBA, en le rétablissant, en le développant et en le diffusant sous une forme aussi pure que possible, et pour cela nous sommes soutenus par la FUMEB et ses élèves. Pour cela nous organisons en interne et en externe des cours, des conférences, des ateliers, des séminaires, des festivals de chants, des ateliers de fabrication d'instruments, nous propageons ainsi la philosophie de Bimba au Brésil et à l'étranger, avec l'idée de corriger toutes les informations incorrectes sur la REGIONAL.

 

P. Capoeira. Pourriez-vous comparer la capoeira Regional créée par Mestre Bimba et la Capoeira Regional pratiquée de nos jours.

Il est impossible de comparer la capoeira de Bimba avec un autre type de Regional parce qu'il n'en existe qu'une.


P. Capoeira: Beaucoup de capoeiristes associent les innovations qui se produisent en ce moment dans la capoeira au Mestre Bimba. Quelle est votre opinion à ce sujet?

Jusqu'à maintenant, je n'ai encore perçu aucune innovation, puisqu'à la base, la Regional est composée de : Méthode, Principes et Tradition. C'est pourquoi pour innover il faut au moins que la méthodologie et ses rituels se développent sans pour autant porter atteinte aux principes.


P. Capoeira. Quelle est votre opinion sur les groupes qui introduisent des techniques d'autres arts martiaux dans la capoeira?


Dans la capoeira, il y a de la place pour tout type d'expérience, cependant il est nécessaire que le conducteur du travail sache distinguer les mouvements pertinents dans la roda de ceux qui ne le sont pas. A l'exemple de BIMBA qui en parallèle des cours de base avait un cours de spécialisation, lequel en plus de comporter des mouvements du corps, utilisait l'entraînement aux armes blanches et au feu.


P.Capoeira. Avez-vous quelques projets de sauvegarde de la « véritable » capoeira regional?

Je ne vis que pour la Regional.

 

P. Capoeira: En dehors de vous-même, y a-t-il d'autres personnes impliquées dans la lutte pour la sauvegarde de la Capoeira Regional?


Il y en a; mes frères, le conseil d'administration qui dirige la FUMEB, d'autres écoles qui sont soucieuses de travailler avec la Regional et encore certains maîtres qui sont venus nous trouver pour mieux connaître son histoire.


P. Capoeira: D'après vous, quelles sont les principales raisons qui entraînent la perte d'identité de la Capoeira Regional?

Le manque de formation et d'information.


P. Capoeira. Pouvez-vous donner quelques exemple de cette perte d'identité de la Capoeira Regional qui se produisent dans les rodas?

A l'exception des personnes, écoles et maîtres cités plus haut, les autres n'ont aucune des caractéristiques de la Regional.


P. Capoeira: Mestre Bimba prévoyait-il que la Capoeira Regional pourrait souffrir d'une telle perte d'identité?

Non, parce qu'il la tenait dans ses mains, la seule chose que je l'entendais dire de temps en temps, c'est que quand il mourrait, un « maître » surgirait à chaque coin de rue.


Quelle est la tendance actuelle de la Capoeira Regional?

Se relever


Quelle est votre opinion sur l'acrobatie dans la capoeira?

Les acrobaties que je pratique dans la Regional sont les mouvements capoeiristiques développés avec beaucoup d'agilité et de dextérité, et qui sont donc formidables.


P. Capoeira: Mestre Bimba a-t-il laissé quelques directions à suivre?

Non, ce qu'il a laissé, c'est un grandiose héritage culturel.


P. Capoeira: Quelle est votre opinion sur la capoeira « contemporaine »?

Je n'ai pas pour habitude de parler du travail des autres, mais tout ce qui pourrait être au bénéfice de la capoeira sera bienvenu.


P. Capoeira: Et sur la capoeira dans le vale-tudo?

Si un lutteur sait utiliser ses connaissances en capoeira pour monter sur la ring, pour moi, pas de problème, cependant BIMBA disait que la capoeira n'avait rien à faire sur un ring.


Quels sont les principaux enseignements que Mestre Bimba vous a laissés?

La capoeira comme formation du citoyen.


P. Capoeira: Les gens comptent sur vous et attendent beaucoup de vous parce que vous êtes le fils du regretté Mestre Bimba. Comment gérez-vous cela?

Avec tranquillité, cela m'incite toujours plus à atteindre mon objectif de perpétuer le travail de mon père parce que je sens que la Regional, après le 5 février 1974, est entrée dans une phase d'extinction.


P. Capoeira: Certains de vos frères ont-ils continué le travail de votre père?

Dermeval (Formiga) à Salvador et Luis (Luis Melodia) à Goiânia qui participent à cette lutte à mes côtés.

Je voudrais pour finir apporter un commentaire [...]. Depuis quelques temps on confond le Centro de Cultura Fisica Regional da Bahia avec l'Associação de Capoeira Mestre Bimba. Au début des années 40 mon père transféra son école (CCFR) au n°1 de la rua Francisco Muniz Barreto, ancienne rua das Laranjeras, où se trouve aujourd'hui l'Associação de Capoeira Mestre Bimba. En 1973, il octroya la possession des locaux, mais pas son Académie qui continua à fonctionner à Goiàs, à certains de ses disciples. Le local finit par se retrouver aux mains du regretté Mestre Vermelho 27 qui, plus tard, demanda la permission de donner le nom d'Associação de Capoeira Mestre Bimba en hommage à son maître.

Source : Portal Capoeira.

Traduction : Palusci Sébastien.

 

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