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1920 : prémice d'académie à Rio de Janeiro.

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Chroniqueur indépendant et professeur à l'université du Sesc (SP) pour un journal de São Paulo, Carlos Cavalheiro -à l'aide d'un article paru le 31 janvier 1920 dans le journal carioca « Cruzeiro do Sul »- établit un récit succint des conditions culturelles qui ont amené la capoeira à l'académie. Un article paru dans le journal de Sorocaba -SP- présentant l'ouverture d'une académie de Capoeira à Rio de Janeiro en 1920 et brisant, en ce sens, certaines idées préconsues sur la génèse de la capoeira moderne. La capoeira n'est pas que bahianaise...

 

En dépit de sa criminalisation avec son insertion au Code Pénal de 1890 (Decreto 847/1890), la capoeiragem rencontre dans les premières décennies du XXème siècle des défenseurs et des adeptes, spécialement chez les intellectuels, écrivains, journalistes, bohêmes...des personnes qui circulent dans les mêmes lieux que les capoeiristes.

Ainsi, João do Rio dans « A Alma encantadora das ruas » décrit l'univers des capoeiristes (ndlr c'est le troisième roman de l'auteur carioca et il date de 1905), Coelho Neto défend sa pratique comme pratique sportive, Anibal Burlamaqui publie sa méthode de capoeiragem -qui sera utilisée par l'armée- et le journaliste Petrus publie en 1914, dans le journal de Socoraba, une chronique dans laquelle un capoeiriste se sort au mieux d'une dispute avec un boxeur anglais.

La victoire du capoeiriste noir Ciriaco sur le champion de jiu-jitsu Sada Miako (connu comme Conde Koma), est aussi responsable de la profusion de défenseurs de la capoeira comme sport national. En plus de ce contexte, surgit aussi la pensée eugeniste* qui voit dans la pratique de sports un forme de perfectionnement et d'amélioration de l'espèce humaine.

Il manque juste à domestiquer la capoeira, née libre dans les vadiagems et les jeux dans les rues, lui donner un aspect de sport avec des règles. Dès lors, des livres sortent pour la soumettre à la méthode, la réglementer, la régler, la castrer. Allié à ceci, la campagne d'intellectuels comme Monteiro Lobato dans le conte « O conto do Marajo » essayant de mettre en valeur les qualités nobles de le capoeira et, à partir de ça, l'apparition des premières idées de fondation d' academies qui enseignent à lutter.

Le journal socorabano Cruzeiro do Sul, par exemple, se fait l'écho de la prétention de fonder une académie dans ces moules en 1920 à Rio de Janeiro. Voici l'article :


Um desporte nacional

O dr. Raul Pederneiras e o professor Mario Aleixo pretendem fundar no Rio uma escola para o ensino de um desporto genuinamente brasileiro: a capoeiragem.
Diz a "Folha" do Rio, ser a capoeiragem um desporto excellente. Quando bem executado e abolidos os golpes mortaes, é um meio utilissimo de defesa.
Há ainda na Capital Federal conhecedores emeritos da capoeiragem, mas poucos, relativamente aos que havia antes do regimen republicano.
Um japonez, jogador afamado do "jiú jutsú" foi vencido há tempos pelo capoeira carioca Cyriaco.
Raul Pederneiras pensa em reviver esse desporto, auxiliado pelo professor Mario Aleixo, que já ensinou "jiú-jutsú" e capoeiragem à polícia civil do Rio.
Os francezes chamam aquelle desporto de "savate": os pés, as mãos, a cabeça, tudo o capoeira emprega quando se defende.
A "Folha" cita um marujo brasileiro, um tal "Boi", que num porto francez resistiu a uma escolta numerosa, só se utilizando da cabeça e dos pés.

Un sport national

Le docteur Raul Pederneiras et le professeur Mario Aleixo prétendent fonder à Rio une école pour l'enseignement d'un sport natif du Brésil : la capoeira. La « Folha » de Rio dit la capoeira être un sport excellent. Quand il est bien exécuté et sont abolis les coups mortels, c'est un très bon moyen de défense.

Il ya encore dans la Capitale Fédérale des connaisseurs émérites de la capoeira, mais peu, relativement à ceux qu'il y avait avant le régime républicain.

Un japonais, lutteur célèbre de « jiu-jitsu » a été vaincu il y a quelque temps par le capoeiriste carioca Cyriaco.

Raul Pederneiras pense faire revivre ce sport, secondé par le professeur Mario Aleixo, qui a déjà enseigné jiu-jitsu et capoeira à la police civile de Rio (en opposition à la police militaire).

Les français appelle ce sport la « savate » : les pieds, les mains, la tête, le capoeiriste emploie tout lorsqu'il se défend.

La « Folha » cite qu'un matelot brésilien, un certain « Boi », résista dans un port français à une bande nombreuse seulement en utilisant la tête et les pieds.

 

L'idée d'enseigner la capoeira en académies va prendre de l'ampleur avec les années qui passent. Sinhozinho va en créer une à Rio de Janeiro. Mestre Bimba fonde la première académie enregistrée officiellement à Salvador dans les années 1930. Une décennie après, Mestre Pastinha inaugure son académie de capoeira angola. Le phénomène des académies bahianaises apportera une nouvelle norme à l'histoire de la capoeira, uniformisant (dans ce qui touche les traditions, les habitudes, les coutumes, le rituel, l'instrumentation, les chants....) sa pratique, spécialement après la migration des mestres vers le sudeste brésilien. Ceci fut un des motifs qui font que la capoeira connue et pratiquée aujourd'hui est bahianaise. Malheureusement, d'un autre côté, peu à peu ont commencés à s'effacer les pratiques régionales anciennes comme la pernada, la tiririca, le cangapé, la punga, le bate-coxa...qui n'ont pas pu offrir de résistance et ne réussirent pas à créer les conditions pour rivaliser avec la capoeira bahianaise.


*L'eugénisme désigne l'amélioration des caractères héréditaires de l'espèce humaine par une intervention délibérée. L'histoire du monde et en particulier au XXème siècle a fourni des exemples de graves dérives morales associées aux politiques eugéniques.


Source : Journal de Socoraba

guilhem. rédaction capoeira-france.

 

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