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Mois de la Conscience noire.

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Avec 80 millions de personnes, le Brésil compte la plus importante population noire du monde après le Nigéria. Aujourd’hui, les Noirs représentent 27% de la population de São Paulo, 38% de celle de Rio et 78% de celle de Salvador. Deux chiffres résume leur situation : 25% d’entre eux sont analphabètes contre 10% des Blancs et ils gagnent en moyenne 50% du salaire moyen des Blancs.

Depuis 2003, le 20 novembre est une journée fériée (« feriado ») à São Paulo, Rio et de nombreuses autres villes. On célèbre le Jour de la Conscience Noire, en souvenir de la mort de Zumbi dos Palmares en 1695.

Esclave fugitif de la région de Pernambuco, Zumbi était le dernier chef de la république des Palmares, un quilombo, une communauté de Nègres marrons, formé en 1604 et qui subit 25 attaques militaires en 90 ans, avant d’être écrasé par l’armée portugaise. La tête de Zumbi, décapité, fut exposée sur la place centrale de la ville de Recife.


Instauré en 1549, l’esclavage ne fut aboli au Brésil qu’en 1888, abolition qui est célébrée chaque 13 mai. Le poids de 330 ans d’esclavage se fait encore sentir très lourdement dans la société brésilienne.

Pour tenter de compenser l’immense préjudice qu’a subi la population noire, des « actions affirmatives » (discrimination positive) sont entreprises, notamment en favorisant l’entrée de noirs à l’université. L’enseignement de l’histoire et de la culture des Afrobrésiliens est devenu obligatoire dès l’école primaire. Le Movimento Negro Unificado, principale association contre le racisme, fait entendre la voix des Noirs et organise chaque 20 novembre un défilé sur l’avenida Paulista à São Paulo. De nombreuses activités culturelles ont lieu durant la semaine du 20 novembre.

Mais même si cette journée est un pas important dans la reconnaissance de l’énorme dette qu’à la société brésilienne vis-à-vis de sa composante noire, le chemin est encore long à parcourir pour les noirs, qui sont les plus pauvres et les plus exclus de ce société dominée par un racisme souriant.

Du coup, de tous les côtés, la conscience noire émerge, dans des secteurs importants des 60 millions de noirs qui composent la population brésilienne et l’irruption de cette conscience signifie deux choses :

  • le repérage du péché originel sous-jacent dans toute notre société, le mécanisme de violence organisée qui préside à nos rapports sociaux, rendant illusoire notre démocratie raciale
  • la revendication d’une identité déniée, et une puissante réaffirmation d’une culture occultée dont les valeurs doivent entrer dans le cadre d’un projet collectif qui surmonte les contradictions et antagonismes du présent, dans une perspective nationale et mondialisée.


Afin de servir votre réflexion, le site capoeira-france.com vous propose une série de liens vers des articles et des blogs en français (et un peu en portugais). Des matériaux traitant de divers thèmes qui ne fournissent pas une liste exhaustive mais peuvent servir de points de départ afin d'approfondir vos recherches.


Convention relative à l'esclavage. SDN, Genève, 25 septembre 1926

Convention sur l'esclavage signée à Genève en 1926 par la Société Des Nations et adoptée par l'ONU en septembre 1956. C'est le premier texte international condamnant le traite négrière et le trafic d'esclaves par les grandes puissances coloniales.

http://www.aidh.org/Biblio/Text_fondat/esclavage_02.htm


Conférence contre le Racisme mandatée par l'ONU à Durban en septembre 2001.


Voici une série d'articles et de travaux préparatoires puis consécutifs à la première conférence internationale sur le Racisme dans le monde tenue à Durban en Afrique du Sud. La traite négrière est enfin reconnue "crime contre l'humanité"

http://www.un.org/french/WCAR/pr.htm


De nombreuses considérations autour de l'amendement et de la réparation menées par des pays au passé colonialiste qui prêtent à réflexion. Ici, un article sur la réparation aux victimes de l'esclavage qui pourrait prendre la forme d'un financement du développement en Afrique.

http://www.un.org/french/WCAR/pressreleases/dr_d14.htm


Archives du commerce des esclaves : l'esclavage au brésil.

L'Unesco a lancé le projet de la Route de l’esclave en 1994. Il vise à briser le silence en faisant connaître universellement la question du commerce transatlantique des esclaves et de l’esclavage, ses causes profondes et ses conséquences tragiques par le biais de travaux scientifiques. Voici le lien de la partie consacrée au Brésil mais vous pouvez aussi voir le résultat des études sur l'esclavage dans d'autres parties du monde.

http://portal.unesco.org/ci/fr/ev.php-URL_ID=8161&URL_DO=DO_TOPIC&URL_SECTION=201.html


Un autre document de l'Unesco très complet que vous pouvez imprimer qui comporte de nombreuses cartes, une chronologie détaillée ainsi qu'une ouverture sur l'esclavage moderne.

http://unesdoc.unesco.org/images/0013/001337/133738f.pdf


Le sénat et l'abolition de l'esclavage.

Un lien en portugais vers le site officiel du gouvernement brésilien avec la chronologie de l'abolition mais aussi des précisions sur ses prémices : bataille de la « Loi du ventre libre »...

http://www.senado.gov.br/comunica/historia/nonas.htm


 

Quilombos, Saramacas, cumbes et autres marronnages....Abolition par les armes.


Partout où la concentration d'esclave a été forte, il y a eu une grande dynamique de quilombos (marronnage dans les antilles). Avant l'abolition vient le temps de la résistance armée et de la rebellion organisée. Quilombolas, neg-marrons, cimarrones et palenqueros...


Liberdade por um fio. História dos quilombos no Brasil. São Paulo, Companhia das Letras, 1996.

Une présentation du livre paru en 1996 à São Paulo, un ouvrage de référence très complet et néanmoins accessible à quasi tous. Il y est question des différents marronnages aux amériques et dans les antilles, un ouvrage qui nous prouve que le quilombo n'était pas un exemple isolé mais bel et bien une constante toujours liée à l'exploitation des esclaves

http://etudesafricaines.revues.org/index10.html


Retour du Maroni.

Un reportage sur l'histoire du marronnage en Guyane et au Surinam, regard d'un instituteur francophone sur l'héritage des marrons et les difficultés rencontrées aujourd'hui : maltraitance scolaire, quête identitaire....

http://www.africultures.com/index.asp?menu=affiche_article&no=3276


Zumbi. De guerrier sanguinaire à symbole de résistance pour le mouvement noir brésilien.

Un article qui au travers des quilombos et du personnage de Zumbi nous livre l'histoire du développement des mouvements noirs au Brésil : culture et émancipation.

http://www.erudit.org/revue/fr/2006/v19/n1/016634ar.pdf


Entre Yoruba et bantou

L'influence des stéréotypes raciaux dans les études afro-américaines. Une étude qui au travers de recherches sur les cultes afro-brésiliens et afro-cubains vise à analyser les différences entre les esclaves et les polémiques sur la pureté des traditions selon les ethnies que l'imaginaire scientifique a contribué à disséminer.

http://etudesafricaines.revues.org/index3.html


Favela...héritage de quatre siècles de discriminations et d'injustices sociales.

Viva favela est un projet social visant à relayer l'information des communautés des « morros » de Rio de Janeiro....beaucoup d'articles intéressants sont traduits sur la partie française. Une très bonne façon d'aborder la réalité de la vie au Brésil pour les populations les plus défavorisées.

http://vivafavelafrance.wordpress.com/

 

Dans les semaines qui suivent l'équipe de capoeira-france va consacrer plusieurs articles sur ce thème. N'hésitez pas à faire parvenir vos remarques où les liens des sites qui vous semblent intéressants soit sur le forum soit par mail.

redaction@capoeira-france.com

 

guilhem. rédaction capoeira-france.

 

 

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