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A Escola Nestor Capoeira vol 1

A Escola Nestor Capoeira vol 1 -
Editeur : , 2008-01-15

Support à l'esthétique japonisante – baie carioca stylisée en estampe japonaise-, le coffret carton du dvd est doté d'un livret d'une vingtaine de pages munies de nombreuses illustrations, dont les fameuses caricatures de Kalixto. Les possesseurs d'une des parutions du mestre (« O pequenou manual do jogador », « Galou já cantou ») y reconnaitront sûrement certains éléments. Ce petit livret nous introduit aux origines de la capoeira, son chemin des années 1800 à nos jours, l'esclavage, son passage de la rue aux académies puis sa diffusion à travers le monde.

Sa diffusion, le mestre en est l'un des pionniers, arrivé en Europe en 1971, aprés l'obtention de sa corde de mestre en 1969 au sein du groupe Senzala, il est l'une des premières sementes du développement de la capoeira sur le vieux continent. D'une génération aspirant aux voyages, il prend congé de son poste d'ingénieur et pose son baluchon à Londres, Amsterdam, Copenhague, Barcelone...trois ans d'un sabbat qui ne devait durer que quelques mois. Au cours de ce voyage, Nestor Capoeira comprend qu'il est possible de vivre de la capoeira, il n'aura alors de cesse d'encourager la diffusion de celle-ci, effectuant de nombreux voyages à travers le monde. Capoeiriste mais aussi conférencier brillant, il retourne s'installer à Rio de Janeiro en 1990 afin de mener son propre travail. Titulaire depuis 2000 d'un doctorat en communication, il voyage quelques mois par an en Europe, participant à des événements, des conférences.

Son fils, Jorge Itapuã Beiramar, dresse dans ce premier dvd au montage très enlevé et un tant soit peu haché, une série d'instantanés avec propos du mestre, reflexions d'élèves agrémentés de jeux, photos et documents d'archives. Le tout illustre le travail de ces quinze dernières années sans aucune velléité démagogique. Un témoignage d'une grande simplicité sur le développement d'une méthode, la spiritualité, l'amitié...


Instantanés, succession de petits clichés du quotidien, n'attendez pas la dissection d'une méthode ou de grandes envolées lyriques sur les bienfaits ou les errances de la capoeira, ce n'est absolument pas le propos. Contrairement à de nombreuses parutions mettant en avant un groupe à grands renforts de mises en scènes ou de t-shirts estampillés et animées par une volonté quasi-hégémonique, le groupe met ici en scène sa simplicité. Sont abordés différents moments de la vie du groupe...les cours et leur pédagogie, l'importance de l'apprentissage musical sans qui il ne peut y avoir de capoeira, le maculele mais aussi divers thèmes tels que la spiritualité où l'on voit les élèves donner leur définition de la religion, l'amitié qui relie le mestre et le groupe à d'autres capoeiristes (Mestre Leopoldina, Mestre Garrincha, Contramestre Bruzzi, Contramestre Grilo...). La partie consacrée à la musique détaille au passage toutes les étapes de la construction d'un berimbau. Assez brièvement le document s'arrête sur la roda da Seixta sem lei, organisée occasionnellement dans l'académie, où à l'instar des bandes cariocas des années 1920 et des rodas dominicales bahianaises du Mestre Waldemar da Paixão, on pratique un jeu de vadiação joyeusement agrémenté voire imbibé de bière et de cachaça.

Sous cette apparente légéreté, le documentaire n'est cependant pas dénué de volonté pédagogique ou didactique. Dans la partie dédiée au cours en lui-même, Nestor Capoeira livre, au travers de son approche pédagogique, les préoccupations et questionnements qui l'animent. L'introduction du yoga dans ses échauffements mais surtout en sus du strict travail technique seul ou à deux, la volonté de rendre le jeu plus fluide. Dénonçant la sophistication des méthodes actuelles, la plupart issues d'une interprétation outrancière de l'enseignement de Bimba ou du travail des mestres des années 1970 (Suassuna, Camisa, la Senzala...), il propose de pallier cette incapacité à improviser en générant des exercices de créativité où le joueur peut repenser et réadapter sa technique. Créer afin d'atteindre sa propre élaboration de la mandinga.

En bref, un discours auquel tout capoeiriste se doit de réfléchir, bien mis en valeur par l'approche artistique d'une photographie à la simplicité « très travaillée » qui crée une ambiance très chaleureuse et sans decorum. On se réjouit lors d'un passage consacré à la ville de Rio de Janeiro, d'une scène de roda bordant la baie en voyant le mestre rejoindre ses éléves après sa baignade et jouer en slip de bain. On regrettera cependant, par moment, ce montage très ellyptique, un peu spasmodique car certaines réflexions auraient mérité d'être un peu plus poussées. Les bonus comportent quant à eux une galerie photo et une rubrique avec les jeux présents dans les montages en intégralité.

guilhem. rédaction. capoeira-france.


plus d'infos
Thème : travail d'une académie

une approche esthétique assez plaisante et chaleureuse.

un constat éclairé et d'une grande simplicité sur la capoeira.

un montage qui ne laisse pas le temps de s'apesantir sur certaines idées ou certains moments.

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