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Civilização e barbarye. Ramiro Musotto.

Civilização e barbarye. Ramiro Musotto. -
Editeur : , 2008-05-26

Au début des années 1980, âgé de 18 ans le jeune argentin s' installe au Brésil afin de devenir percussioniste. Très vite il se spécialise dans le berimbau car pour lui « il raconte quelque chose de nos racines, c'est vraisemblablement l'un des premiers instruments à destinée musicale de l'histoire de l'humanité » (entrevue Mondomix) . Passionné et brillant, il collabore avec de grands noms de la musique populaire brésilienne dont il est le percussioniste, Caetano Veloso, Marisa Monte, Lenine...au fil des collaborations et de son apprentissage, il définit peu à peu ses aspirations musicales.

Après Sudaka, l'album Civilização e Barbarye paru chez hélicomusic, place la musique de Ramiro et de l'orchestre Sudaka aux confins de deux mondes musicaux que l'on pensait opposés, un assemblage improbable entre musique électronique et rythmes traditionnels d'origines diverses. Un assemblage improbable et tellement éclectique – il le sera beaucoup trop pour certains- que l'on ne peut nier ni l' originalité de sa conception ni la sincérité de son concepteur. En bref, c'est un album que l' on sent personnel et inspiré. Civilização e barbarye, thème central de son album, soit où commence la musique électronique et où s' arrêtent les sons naturels ? Au delà de la musique, c'est toute l' histoire de l' Amérique du Sud que ce titre désigne, un continent où des sociétés soit-disant évoluées ont décimé et quasi anéanti des civilisations dîtes primitives.
Vous allez me dire «que fait cet album au sein des chroniques de Capoeira-france ?». Non, ce n'est pas un album de capoeira mais la maîtrise du berimbau de Ramiro est l' occasion pour nous tous, capoeiristes, d'envisager cet instrument emblématique qu' est le berimbau dans un tout autre contexte et de le voir comme un instrument de percussion aux possibilités très étendues. Présent dans la plupart des morceaux, il y est utilisé dans des morceaux d' horizons différents, tradition brésilienne, cubaine, amplifié ou acoustique...c' est le berimbau tel que vous l'avez rarement vu.

La profusion de références culturelles et musicales rend la première approche non pas périlleuse mais un peu difficile et c' est souvent le cas lorsqu' il est question de créations de percussionnistes ; pourtant, la qualité et la densité de cet opus vous accrochent peu à peu, vous invitant à un irresistible voyage. C' est vrai qu' à l' énoncé du concept mélange de "musiques du monde", on a peur d' atterrir dans un rayon de "Nature et Découverte" (pas de pub, on a dit) ; il en est rien, l' album est raffiné et conserve leur identité aux sources évoquées.
Des influences zaïroises à la rumba cubaine, en passant par des accents orientaux l' auteur n' est pas avare de mélanges. Le traditionnel brésilien rencontre la santeria – dont une traduction simpliste serait équivalent du Candomblé à Cuba- et la musique populaire cubaine dans des morceaux tels que Ochossi ou Yambu. Ce métissage donne aussi lieu à des morceaux inattendus, Majno ma bi nous offre un chant traditionnel du Balouchistan (sortez vos atlas : allez, je vous aide regardez de plus près le Pakistan) superbement accompagné au berimbau.

Un album multipliant les influences - on trouve même des enregistrements de musique traditionnelle pygmée- où le musicien a su méler personnalité et technicité. Et si on y ajoute un carnet d'adresses imposant avec la collaboration de Chico Cesar ou Arto Lyndsay, vous avez là un album qui mérite le déplacement. Mention spéciale à la conception graphique de l' album cartonné et de son livret vraiment superbe !

plus d'infos
15 pistes

du berimbau, du berimbau, du berimbau...oui, mais pas dans la roda !

 

un album de percussionniste, quelquefois trop difficile à décrypter donc à écouter

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