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Academia de Capoeira de Angola São Jorge dos Irmãos Unidos do Mestre Caiçara.

Academia de Capoeira de Angola São Jorge dos Irmãos Unidos do Mestre Caiçara. -
Editeur : , 2008-06-12

Dans un Pelourinho, moins figé et touristique qu' aujourd'hui et surtout moins densément quadrillé par la police militaire, Mestre Caiçara dictait les règles sur un territoire de prostitués et de proxénètes, de trafiquants et de malandros. Et que ce soit en Nagô ou en Ketu, tous devaient demander sa bénédiction. Une figure importante de la capoeira qui nous livre sa dernière mandinga en 1997, nous faisant croire à sa disparition...pourtant le nom de ce défenseur radical des traditions africaines reste évoqué par les angoleiros comme les regionais et n'est pas prés de disparaître.

Le Mestre Caiçara a marqué son époque par la qualité de ses chants et par les anecdotes croustillantes -plus ou moins fondées !- qu' il aimait conter aux élèves ou aux spectateurs. Provocateur et figure des fêtes populaires de Salvador, il laisse une image controversée mais au combien sympathique. Son groupe Academia de Capoeira de Angola São Jorge dos Irmãos Unidos a aussi marqué la rade bahianaise par ses nombreuses représentations extérieures. Il fût d'ailleurs parmi les premiers à les orienter vers une exploitation touristique.

 

Academia de Capoeira de Angola São Jorge dos Irmãos Unidos do Mestre Caiçara. (COELP-41133-B AMC. São Bernardo dos Campos, SP. 1973 Discos Copacabana)

 

1- Capoeira de Angola

2- São Bento Grande

3- São Bento Pequeno

4- Samba de Roda

5- Emburanê

6- Toque de Capoeira de Angola

7- Toque de Capoeira de São Bento Pequeno

8- Toque de Capoeira de São Bento Grande

9- Toque de Capoeira de Santa Maria

10- Toque de Capoeira de Samba de Angola

11- Pisa na Linha Leventa o Boi

12- Alo Mangueira


Une bonne collection de musique de capoeira ne serait pas complète sans Academia de Capoeira de Angola São Jorge dos Irmãos Unidos do Mestre Caiçara. L' album enregistré par le Mestre en 1973 demeure l' un des plus célèbres de la capoeira, une référence intéressante par les nombreux toques enregistré par Caiçara et ses élèves mais aussi par la présence de ladainhas, exercice dans lequel il excellait. J' ai donc ressorti mon vieux vynile (malheureusement tout déformé par la chaleur !), un album d' ailleurs que je n'ai pas l'habitude d' écouter et .

Premier point évident, par faute de moyens ou simple choix, l'album est très court : vingt-six petites minutes qui ne nous laissent bien peu de temps afin de nous imprégner du groove et de la qualité des chants.

Malgré tout, le plaisir indéniable pris par le Mestre et ses élèves rend l' album très agréable et très vivant. La prise de sons des instruments est correcte et la bateria assez équilibrée, une bateria d'ailleurs sous sa forme traditionnelle. Les trois berimbaus apparaissent de façon distincte, ce qui n' est pas si évident sur les albums de cette époque et l'atabaque n' étouffe pas les musiciens.


Le mestre nous gratifie de quelques ladainhas maintenant traditionnelles dont vous avez tous entendu au moins une version, Eu Tava em Casa, O Brasil disse que tem... Tout l'intérêt de l'album réside ensuite dans le swing des corridos enchaînés sur un rythme qui va toujours crescendo. Un swing renforcé par la syncope qu' affectionne Caiçara, une façon de chanter assez sautillante qui rend la première partie consacrée aux chants de capoeira très vivante : piste 1, 2 et 3.

Les pistes 4, 5, 11 et 12 sont elles des mines d' or pour ceux qui veulent apprendre de vieilles sambas de roda bien enlevées, j'ai une petite préférence pour Pisa na Linha Levanta o Boi (adaptation d'une vieille chanson nordestina). On entend distinctement les variations des berimbaus, de l'atabaque et de l' agogo.

Les autres, en l'occurence, 6, 7, 8, 9 et 10 sont un enregistrement des toques les plus utilisés dans la capoeira angola : Angola, São Bento Pequeno, São Bento Grande, Santa Maria, Samba de Angola, une bonne manière de vous confronter à la sensibilité de l' époque et du Mestre.

Mais le point intriguant de l'album se situe dans la présence d' un sifflet pour débuter et arrêter les chants, un sifflet que l'on retrouve dans d'autres enregistrements de l' époque. Mestre Pastinha évoquait d' ailleurs l' existence d'un « juriz da capoeira » sorte de juge qui déterminait les moments clés de la roda. Une question qui reste à approfondir....



 

plus d'infos
Thème : Capoeira et Samba de roda
12 pistes

un album important à écouter absolument

album très pédagogique avec ladainhas, corridos, samba de roda et toques très authentiques

un peu court

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