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Baden e Vinicius. Os Afros Sambas. 1966.

Baden e Vinicius. Os Afros Sambas. 1966. -
Editeur : , 2008-08-12

Evènement dans les parutions discographiques de ces derniers mois la première édition des cultissimes « Afros sambas » du guitariste Baden Powell et du poète Vinicius de Moraes est enfin disponible dans nos bacs. Un album essentiel à tout amoureux de la culture brésilienne ! Vous me direz à juste titre, que vient faire une chronique d'un album de samba dans les colonnes de notre site préféré ? Premièrement sa réédition est un événement et puis, c'est quand même l'album qui a vu la composition de ce morceau quasi-hymnique qu'est Berimbau...d'ailleurs repris en français sous le titre Bidonville par Claude Nougaro.
Alors voilà si vous souhaitiez tromper votre ennui estival, n'hésitez plus et courez vous procurer ce monument de la musique réédité par les soins du label Cherry Red Records.

Enregistré dans des conditions plus que burlesques en 1966, le disque avait depuis été réenregistré par le guitariste (1990), déchargé de son émotion et sans Vinicius, décédé. Un objet de culte qui n' était malheureusement disponible qu' à l'import (du japon !!), pourtant cet ensemble de 8 chansons reste la plus grande réussite de la collaboration entre Baden Powell, talentueux guitariste d' aprés-guerre et le diplomate-poète Vinicius de Moraes, auteur de la célèbre Garota de Ipanema.

Au début des années 1960, on présente à Vinicius de Moraes un enregistrement de Sambas de roda et de Candomblé. Un choc ! Très vite lui et Baden, son partenaire le plus constant de l' époque, vont se passionner pour ce pan de la culture populaire qu'ils n' avaient pas découvert et du coup pas exploré. De passage à Salvador en 1962, Baden Powell, rencontre le Mestre Canjiquinha qui l'introduit non seulement à la capoeira mais aussi au candomblé. Le jeune guitariste est fasciné par les harmonies qu'il entend mais aussi par la portée mystique de cette musique et dès son retour, il compose le samba -mondialement connu- Berimbau et décide d' initier une série de chansons sur la culture afro-brésilienne.
Ayant pris conscience de la nature syncrète des manifestations afro-brésiliennes, de leur capacité à avoir su intégrer de nombreux aspects de la culture européenne sans se dégager des racines africaines, les deux compères décident d'aller à la rencontre des ces musiques avec leur propre formation musicale. Et dans le cerveau du génial Vinicius, le projet ne doit pas être une vaine tentative de perfection en termes d'enregistrement et de technique musicale, mais le témoignage d'une réunion inspirée, joyeuse et spontanée. Pour ce faire, quelques années après, l'ancien ambassadeur fait donc appel aux proches, les chœurs féminins du quarteto em cy (qui devaient bientôt devenir célèbres), associées à ce qu'il a appelé la chorale de l'amitié, les compagnes et les amies des musiciens. Baden Powell, qui venait d'étudier le chant grégorien, a donc profité de la présence de ces dames pour immortaliser son idée du moment : utiliser des chants féminins inspirés à la fois du répertoire sacré européen et des vocalises des cérémonies païennes de Salvador. Les textes inspirés de Vinicius et les arpèges inventifs de Baden couronnaient alors les 8 compositions, rehaussées parfois des accords de musiciens amis invités.


01- Canto de Ossanha
02- Canto de Xangô
03- Bocoché
04- Canto de Iemanjá
05- Tempo de amor
06- Canto do caboclo
07- Tristeza e solidão
08- Lamento de Exu

Disque d'anthologie enregistré au fin fond d' une cave de Rio de janeiro avec une bonne dose de tabac et de cachaça, il passe pour être le premier travail de la musique brésilienne où se mélangent les instruments propres au candomblé, atabaques, agogô, afoxê, bongô avec d' autres plus traditionnels alors, guitares, sax, batterie et contrebasse. La composition du choeur (constitué de non-professionnels) donne un rendu simple, dépouillé mais très spontané.
Malheureusement, après la mort de Vinicius en 1980, Baden Powell a cru bon de réenregistrer l'ensemble avec une nouvelle chorale et du nouveau matériel. C'est ce dernier enregistrement qui était disponible en France sous le nom "Os Afro-sambas", et malgré le culte développé autour du disque originel, ce n'est qu'en 2008 que ressortent finalement en France ces trésors de 1966, au même moment que la réédition plus médiatisée de la bande originale de "Orfeu Negro" par Universal France, qui avait lancé la Bossa Nova en 1958.

On sort du hamac (ou du bureau...argghhh) pour se diriger vers le disquaire le plus proche, croyez moi (ou pas) vous ne serez pas déçus...

guilhem.rédaction capoeira-france.

plus d'infos
Thème : samba
8 pistes

une spontanéité et une fraîcheur à toute épreuve

un monument de la musique brésilienne

une qualité d' enregistrement un poil médiocre

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