Capoeiragem da Bahia. Reportage TVE Bahia 2004.

Capoeiragem da Bahia. Reportage TVE Bahia 2004. -
Editeur : , 2004-01-01

Código Penal da República dos Estados Unidos do Brasil
Capítulo XII -- Dos Vadios e Capoeiras
Art. 402. Fazer nas ruas e praças públicas exercícios de agilidade e destreza corporal conhecidos pela denominação Capoeiragem; andar em carreiras, com armas ou instrumentos capazes de produzir lesão corporal, provocando tumulto ou desordens, ameaçando pessoa certa ou incerta ou incutindo temor de algum mal.
Pena: prisão celular de 2 (dois) a 6 (seis) meses. A penalidade é a do art. 96.
Parágrafo único. É considerada circunstância agravante pertencer o capoeira a alguma banda ou malta. Aos chefes ou cabeças, impor-se-á a pena em dobro.
Art. 403. No caso de reincidência será aplicada ao capoeira, no grau máximo, a pena do art. 400.
Parágrafo único. Se fôr estrangeiro, será deportado depois de cumprida a pena.
Art. 404. Se nesses exercícios de capoeiragem perpetrar homicídio, praticar alguma
lesão corporal, ultrajar o pudor público e particular, perturbar a ordem, a tranqüilidade ou segurança pública ou for encontrado com armas, incorrerá cumulativamente nas penas cominadas para tais crimes.
Extrait du code pénal du 11 octobre 1890 concernant le délit de « capoeiragem » associant la capoeira à la criminalité.


Réalisé en 2004 par la chaîne régionale (ou fédérale pour les puristes!), TVE Bahia, le documentaire Capoeiragem da Bahia a été largement diffusé au Brésil et demeure un dvd que j'ai souvent vu dans les videothèques des académies au Brésil, en particulier à Salvador. Il brosse un portrait de la capoeira dans le Reconcavo* bahianais, fondements, origines et évolutions avec une foule de références et d'entrevues. D'une construction un peu confuse, l'intêret de ce document malheureusement sans sous-titres réside dans la qualité, la rareté et le nombre des archives utilisées.

Apparaissent des extraits de Vadiação de Robatto Filho avec toute la velha guarda de la capoeira bahianaise, Dança de guerra de Jair Moura, Pastinha de Paulo Sa Viera, Um dia na rampa de Luis Paulino dos Santos, des images des Mestres Noronha, Maré, Cobrinha Verde, Traira, Bilusca...des entrevues, des documents sur des rituels bantou ou indiens tupi, des photos, de nombreuses esquisses et gravures...en bref, voici un reportage documenté à hauteur des moyens d'une chaîne de télévision.


Par contre, de par la profusion de ces sources et des intervenants, il est assez difficile de dégager parfaitement la structure du documentaire même si, les thêmes abordés répondent à une certaine logique chronologique. Une première partie se dégage donc autour du vocable indien tupi caa apueram era qui, nous l'apprenons plus tard avec le Mestre Moraes, désignait une pratique agricole de jachère et qui par extension serait l'une des origines du terme capoeira. Ce terme sera utilisé pour mettre en lumière la pluri-culturalité de la capoeira.

Là de nombreuses images d'archives, de reconstitutions historiques viennent étayer le récit de l'arrivée des esclaves bantou, gêge ou yoruba, le mercantilisme de la traîte négrière et le travail dans les canavials (champs de canne à sucre) du reconcavo. Il évoque succintement les conditions de travail et de captivité des esclaves dans les casas grandes et les senzalas (lieu où résident les esclaves) et dégage deux phénomènes : l'un lié à la résistance à l'oppression et un autre à la « carnavalisation » du peuple, l'un pour s'ériger et protester, l'autre pour s'oublier et s'affirmer.

Du quilombo au batuque (autre danse d'origine africaine) -on y voit d'ailleurs les images du batuque Engenho de dentro- des origines africaines aux influences indiennes, c'est un long processus de syncrétisation, d'assimilation de cultures diverses qui est mis en valeur, constituant pour les consultants de luxe Jair Moura et Frede Abreu, les racines de la capoeira.


Fort de ces constatations, le documentaire essaye par la suite d'énumérer ce qui nourrit et anime la capoeira encore aujourd'hui, toujours enrichi par de nombreuses entrevues de mestres (Nenel, Accordeon, Gildo Alfinete, Cobra Mansa, Moraes, João Pequenou...) et d'acteurs de la culture afro-bahianaise. La chose étant certainement plus claire au Brésil, les auteurs s'attardent très peu sur le clivage capoeira angola et capoeira régional, les replaçant tout de même dans le contexte d'une académisation du discours qui a sorti la capoeira de la rue , plutôt ici des quais et a permis de passer d'un statut d'art proscrit, passible de prison aux représentations et exhibitions devant les puissants du Brésil. On y voit que dans ce passage d'un rituel secret à une propagation libre, la capoeira fut très liée à la population maritime qui entre deux marées devait s'occuper sur les quais de Salvador.

Le reportage relate l'introduction du berimbau et son importance, la relation très intime que les mestres (surtout de capoeira angola) ont avec le candomblé, occupant souvent des postes importants au sein des terreiros. Puis une grande partie est consacrée à la diffusion dans le monde, les Etats Unis tout d'abord, l'Europe et l'Afrique ensuite.


Ce film documentaire ne posséde pas une problématique orientée vers la polémique ou le débat ; non il formule juste une compulsion de documents plus ou moins inédits, la plupart présentants un profond intêret pour comprendre l'un des foyers de la capoeira, Salvador de Bahia, déclinant la richesse de la culture afro-brésilienne et brésilienne, évoquant en ce sens ses métissages, culturels, démographiques, religieux...


*région autour de la baie de Salvador.


de nombreuses entrevues, des archives de grandes qualités font les principales qualités de ce reportage.

un ton simple, não precisou ser doutor.

au vu des thêmes abordés, on aurait souhaité un document un poil plus structuré...c'est presque trop court pour toutes ces archives.

pas de sous- titres...dommage.


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